Cette thèse examine la construction de la lutte antiterroriste au Cameroun à travers les récits d'action publique. Postulant que l'action publique résulte de processus sociaux et discursifs, elle mobilise un cadre théorique combinant approches cognitives, néo-institutionnalisme et structuralisme. Basée sur une méthodologie qualitative (discours, presse, entretiens à Yaoundé, Douala, Limbe et Maroua, 2014-2024), elle étudie comment divers acteurs produisent des récits concurrents sur Boko Haram et la crise anglophone. Ces récits opèrent un cadrage cognitif visant à orienter l'action publique. L'analyse révèle une politisation des discours : lutte pour le pouvoir dans le champ politique, finalités sociales et morales dans la société civile. La thèse éclaire ainsi la construction sociale du problème terroriste et la structuration de l'action publique au Cameroun.