Arsène Lupin, gentleman cambrioleur réunit les premières aventures du voleur mondain qui défie policiers, aristocrates et détectives avec une élégance souveraine. Chaque récit combine énigme, comédie sociale et coup de théâtre, dans une prose vive, ironique, remarquablement efficace. Publié dans le contexte florissant du feuilleton et du roman policier de la Belle Époque, le livre dialogue avec Sherlock Holmes tout en affirmant une tradition française plus légère, plus théâtrale, où le crime devient art de l'esprit. Maurice Leblanc, né en 1864 à Rouen, connaissait les ambitions littéraires du roman psychologique avant de trouver, presque malgré lui, dans Lupin sa création décisive. Son goût du théâtre, de l'intrigue bien charpentée et des masques sociaux nourrit ce personnage ambigu, à la fois hors-la-loi et justicier. L'époque, fascinée par la presse, les fortunes nouvelles et les failles de l'ordre bourgeois, offrait un terrain idéal à cette figure mobile. Je recommande vivement ce livre aux lecteurs qui aiment les récits d'intelligence, de panache et de mystification. On y découvre non seulement un héros mythique, mais aussi une oeuvre fondatrice du divertissement littéraire moderne, d'une fraîcheur intacte.